Quoi de mieux après un bon repas, après s'être empiffrer hypocritement, que de parler de la mort?
Je pourrais faire mon intellectuel et faire une recherche Wikipédia en secret pour vous parlez de la mort en fonction des civilisations et des philosophes. Je passerai alors pour quelqu'un d'intéressant et de cultivé, oui, cela ferait du bien à mon pauvre ego imbécile.
Plus le temps passe, plus j'ai l'impression de devenir con. Pourquoi chercher constamment la reconnaissance, pourquoi avoir créer un compte Twitter et suivre des personnes qui au final m'intéressent peu? Et surtout pourquoi, à chaque nouveau follower, je sens en moi le plaisir de grossir virtuellement, d'avoir une trique digitale, de se sentir intéressant. Enfin, pourquoi écrire, alors que je pense qu'au final personne ne suivra ce blog?
Bref, désolé s'il y a un lecteur égaré sur ce blog. J'ai l'espoir que quelqu'un lise un jour quelques uns de ces articles et trouvent de nouveaux auteurs à lire, des points de vue différents, de bons jeux vidéo... J'en sais rien. Comme je le disais dans mon premier article, j'ai l'impression de créer des articles inutiles, pour le moment on ne peux pas dire que je manque à ma mission.
Je vais à présent parler de Chevillard. Il était temps, je sais...
J'ai souvent tendance à dire que c'est mon "auteur préféré du XXIe siècle", rien que ça. A ces mots le Chevillard ne se sens pas de joie.
J'ai découvert Cheucheu il y a un an et demi environ. Les pauvres élèves que nous étions alors devaient présenter un auteur qui pour eux passerait à la postérité. C'est ainsi que l'une de mes camarades de classe, la trentaine, ancienne prof de français blasée rêvant d'être libraire présenta Chevillard.
Je ne me souviens plus de l'extrait exact (preuve encore une fois de ma mémoire sans faille) mais je me souviens d'avoir ri à gorge déployée dans cette salle de classe lugubre de Saint Cloud aux extraits de la Nébuleuse du crabe. Je gardais précieusement la référence en tête, et un jour, alors que je me promenais dans le 15e arrondissement où j'habitais, je fis halte dans une librairie et demandais au libraire s'il n'avait pas un livre de Chevillard. Après avoir fait le choix entre Du hérisson et Le Vaillant petit tailleur je choisis le dernier pour des raisons économiques. J'ai toujours eu des problèmes pour garder mon argent.
En regardant hier ou avant hier ma bibliothèque, je m'aperçu que je possédais la moitié de l'oeuvre de Chevillard en grand format, joli score! Depuis que je connais Chevillard, j'achète ses nouveaux livres, j'ai donc acheté Le Désordre azerty et plus récemment Juste Ciel. Ouf, on y arrive enfin, on vas enfin parler de ce livre.
Juste Ciel donc. La première chose qui m'a interpellé quand j'ai choisi de parler de ce livre c'est son titre. Prenons la définition du site Internet de Larousse (et c'est repartit pour l'ego pseudo-intellectuel, roule, roule...) : formule dont on se sert pour marquer sa surprise.
C'est vrai que c'est la première chose qui peut venir à l'esprit en lisant ce titre. Juste Ciel! Mais vous aurez sans doute subtilement remarqué qu'il n'y a pas de point d'exclamation à la fin du titre du livre, sans doute pour marquer l'importance du thème du livre ; la mort. Mais nous parlons de Chevillard tout de même, l'un des auteurs les plus drôle qu'il m'a été donné de lire.
Venons en du coup au deuxième sens que l'on pourrait donner au titre. Un ciel juste, cela pourrait signifier impartial, légitime, fondé. Une mort cohérente en somme. Et quoi de plus honnête que la mort, elle fauche toujours quoi qu'il arrive, elle a raison, ça sera notre tour un jour.
C'est peut être les deux sens qu'à voulu mélanger Chevillard, l'effet de surprise de la mort tout en notant son impartialité.
Chevillard nous présente son personnage principal ; Albert Moindre. A travers lui l'auteur vas poser toutes les questions possibles autour de la mort. J'ai essayé de rédiger quelques interrogations posées par le livre mais je ne sais pas si c'est par manque de talent ou de fatigue, je n'y arrive pas. Mais Chevillard nous donne toutes les réponses, ce "témoignage de première main" comme dit le site des éditions de Minuit nous montre toute les faces inconnues de la mort.
Alors présenté comme je le présente, ça n'a pas l'air fameux je le conçois, je n'ai jamais été un bon vendeur.
Pour moi Chevillard arrive à cerner l'enfance, je veux dire par là qu'il a une imagination qui dépasse tout ce que nous, adultes, refusons. Il part loin, très loin dans des délires cosmiques, jusqu'à en épuiser la moindre sorte de matière. Chevillard est l'auteur de l'épuisement, à partir d'une idée simple, il part dans toutes directions différentes, comme une rose des vents endiablée et épuises chaque ramification une à une, avec précision, style et humour.
Je suis entrain de lire les critiques disponibles sur le site de Minuit. Je vois que le journaliste de Libé s'emmerde à résumer le livre. Belle tâche que je vois là. Je ne pense pas qu'un livre de Chevillard puisse se raconter. Il faut comprendre la démarche de l'auteur ; l'épuisement, se laisser porter par les images de l'enfance et surtout rire, parce que oui, ce livre est immensément drôle.
Pour finir je dirai que ça fait plaisir de retrouver Chevillard dans une histoire. Ces derniers livres, que ce soit ses recueils de l'Autofictif, l'Auteur et moi, le Désordre azerty, ne sont soit que des successions de textes courts, soit des textes qui parlent de lui. Grand bien, fasse à Cheucheu de parler de lui, mais il me fait tellement rire quand il part loin, très loin dans ses délires, au delà de la mort. La mort, décidément,
Les premières pages issues du site des Editions de Minuit.

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